Depuis Bonaparte, qui d'ailleurs s'est complètement désintéressé de l'enseignement primaire, Dampierre a toujours été en avance sur son temps dans le domaine scolaire. En effet, c'est seulement le 23 juin 1833 qu'une loi attribua à l'Etat la tâche d'assurer l'instruction primaire. Rappelons qu'à cette date à peine 140 000 enfants étaient scolarisés en France, et que 45 % des conscrits signaient avec une croix, étant complètement illettrés.
 1807 | A Dampierre, la situation était meilleure car nos édiles de l'époque, bien avant cette loi, avaient pris l'initiative de faire fonctionner une école pour tous. Quel était l'emplacement de cette école ? A vrai dire, on ne le connaît pas. Tout ce que l'on sait, c'est que le local était sombre et humide. C'était le maire qui nommait le maître d'école, lequel faisait aussi office de sacristain. La commune prenait en charge une partie de sa rémunération (265 F par an, pas de quoi faire des folies même en francs germinal). Les parents y ajoutaient toutefois leur contribution, assez modeste pour ne pas éliminer les bourses plates, afin que leurs enfants apprennent à lire, à écrire et à compter. En réalité, il fallait souvent apprendre aux nouveaux élèves à parler français. A l'époque, la plupart des familles n'employaient que le patois qui était de ce fait la langue maternelle de beaucoup de tout petits. Si on disait à ces derniers : "Oh ! lâ mouaîs, ê piaut och d'heu", ils prenaient leur capuchon. Si on leur disait "Hélas ! il pleut aujourd'hui", certains ne comprenaient pas. L'école avait donc un rôle social considérable.
Un problème de taille venait compliquer les choses : dans la société puritaine de l'époque il n'était pas question de faire travailler ensemble dans la même salle les filles et les garçons, même s'il n'y avait qu'une salle. Alors comment procédait-on ? Et bien le matin, mais on ne sait pas à quelle heure, notre maître d'école-sacristain sonnait l'angélus, puis dès qu'il avait abandonné la corde de sa cloche, il fonçait vers son école car c'était aussi le signal de l'ouverture de la classe. Là, les garçons l'attendaient et avaient cours jusqu'à 9 heures. Pour eux, la journée était alors terminée car ils participaient aux travaux de la ferme. Les filles les remplaçaient : elles avaient cours de 9 h à 11 h et de 14h à 17h. Elles étaient donc privilégiées sur le plan de l'instruction. |
|  1845 | | La partie ouest de la maison commune est terminée et Dampierre possède maintenant 2 écoles : une classe de filles et une de garçons, ce qui permet cette fois un fonctionnement normal. L'emplacement de ces 2 écoles est le même qu'actuellement. A l'étage se trouve le logement des enseignants et la Mairie. |
|  1880 | | La partie EST de la maison commune est achevée. On y a aménagé une "salle d'asile", c'est à dire une école maternelle, à l'emplacement de l'actuelle salle de CP. Cette salle d'asile fonctionne sous la responsabilité de religieuses. |
|  1881-1882 | Jules Ferry vient de créer l'école primaire moderne. A Dampierre, cela ne change rien de fondamental au fonctionnement des écoles. Certes la gratuité instaurée le 16 juin 1881 soulage les familles, mais la loi instituant l'égalité scolaire, en vigueur à partir du 2 octobre 1882, rencontrera bien des résistances, surtout dans les campagnes où, en dehors de la période hivernale, bien des enfants seront encore plus souvent "aux champs les vaches" que sur les bancs de l'écoles. Les mentalités évoluent lentement.
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|  1884 | Un mini pensionnat pour fille va-t-il être crée dans la partie EST de la maison commune inoccupée en dehors de salle d'asile ? C'est en tous cas l'étonnante proposition de l'institutrice. Le maire prend la chose très au sérieux puisqu'il convoque son conseil municipal qui vote la délibération suivante : _Séance du 7 Septembre 1884_ "Le Maire met sous les yeux du Conseil une demande de l'institutrice de Dampierre tendant à obtenir l'autorisation d'annexer un pensionnat à l'école primaire des filles. Il invite le Conseil à délibérer sur le motif de cette demande. Le Conseil, considérant que le local de la maison commune est assez vaste pour recevoir quelques pensionnaires, que du reste un dortoir spécial a été construit à cet effet, considérant que l'instruction que les quelques jeunes filles admises comme pensionnaires reçoivent ne peut nuire au point de vue de l'instruction donnée aux autres élèves, émet un avis favorable à la demande en question" Mais on ne trouve aucune trace du fonctionnement d'un tel mini-pensionnat. Il est donc resté certainement... à l'état de projet. Cela montre en tous cas combien nos édiles de l'époque attachaient d'importance à l'instruction et au rayonnement du pays en ce domaine.
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|  1886-1887 | Et nos religieuses, comment vont-elles après la laïcisation de l'école publique en 1882 ? Eh bien, jusqu'à présent, pas trop mal, merci. Mais en 1886, l'horizon s'assombrit brusquement et une menace de fermeture plane sur les salles d'asile, ce qui provoque l'ire du premier magistrat de notre commune, lequel intervient vigoureusement pour obtenir le maintien de l'école. Il obtient en tous cas un sursis, car l'école en question est confirmée pour l'année scolaire 1887-1888. Mais par la suite on perd toute trace de la salle d'asile qui a sans doute été fermée à cette date, mais je ne saurais l'affirmer d'une façon sûre. |
|  1962 | | C'est seulement à la rentrée de septembre 1962 que Dampierre retrouvera une école maternelle fonctionnant dans un préfabriqué loué au département et, cette fois, sous l'égide de l'Éducation Nationale. Désormais, les"p'tits bouts d'chou" dampierrois ne seront plus désavantagés sur le plan scolaire par rapport aux petits citadins. |
|  1983 | | Inauguration de la nouvelle école maternelle qui, en cette rentrée 2008, fête ses 25 ans. |
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